Les axes de recherche

Un peu plus d’un siècle s’est écoulé depuis la très complète et précise description de la SLA par J. M. Charcot.
Si le nombre de malades progresse, les causes de la maladie demeurent encore inconnues, bien que les connaissances sur son mécanisme - en termes savants la physiopathologie - aient fait depuis ces dix dernières années des progrès considérables.

Ceci est un formidable atout pour anticiper des axes de recherche, même si déjà beaucoup de pistes environnementales ont été explorées
Les principaux axes de recherche, ces dernières années s’appuieront sur :
  • Une meilleure connaissance de la maladie,
  • L’appréciation des éléments altérés dans le cadre du fonctionnement normal.
  • Des recherches récentes plus fondamentales ouvrent des voies nouvelles.
Les données émanant d'articles sont datées et référencées.
Pour plus d'informations vous pouvez envoyer vos questions par email

Ceci permet de classer les recherches selon 3 axes

A visée corrective

Essais de nouveaux médicaments dans la SLA

 1) La société AB Science fabricant du MASITINIB fait savoir que la FDA américaine autorise l’usage compassionnel de ce médicament. 
L’usage compassionnel est une utilisation expérimentale du médicament en dehors de l’essai clinique.
Qu’est- ce que MASITINIB ?
Masitinib cible les mastocytes et les cellules gliales dont on connait maintenant leur rôle dans la SLA au niveau des motoneurones.
Masitinib régule l’activation des cellules gliales et leur prolifération.
AB Science a annoncé en comparant effets et tolérance du MASITINIB en association avec Rilutek que les critères d’efficacité et de tolérance étaient significativement atteints. 

 2) Essai TIRASEMTIV

Une des conséquences graves de la SLA est l’affaiblissement de la fonction respiratoire évaluée par la capacité vitale qui mesure la quantité d’air expulsé après une inhalation maximale. La capacité vitale est le reflet de la force musculaire des muscles respiratoires, diaphragme en particulier. Cette mesure a une valeur prédictive de la progression de la maladie.
Une firme de biologie musculaire à San Francisco a entamé une phase III sur le TIRASEMTIV, cytokine qui améliore la contractilité musculaire en permettant une meilleure incorporation du calcium essentiel à la contraction musculaire. L’objectif du travail est d’étudier l’évolution des paramètres respiratoires chez les malades SLA après un an de traitement. Les résultats sur l’animal et en phase II ont montré une bonne tolérance et une amélioration de la myasthénie (perte de la force musculaire).
Une étude en France s’installe dans les centres de Lille, Limoges, Marseille, Montpellier, Nice, Paris, Tours.
Pour avoir accès à l’essai il faut :

  • Etre diagnostiqué depuis moins de 2 ans
  • Ne pas être ventilé au masque
  • Ne pas avoir de gastrostomie
  • Disposer d’une capacité vitale supérieure à 70%
  • Ne pas avoir eu une importante perte de poids
  • Ne pas être entré dans un essai sur cellules souches

Si vous êtes dans ce cas de figure rapprochez- vous de votre neurologue. 

L’Angiogénine * : agent protecteur des Moto-Neurones (MN)

L’équipe du Pr Jochen H.M Prehn (publication Dublin 2015 ) étudie l’importance de l’Angiogénine (A) dans les mécanismes pathologiques de la SLA (maladie de Charcot). Il appuie son étude sur le fait que, cette protéine « A » mutée, se retrouve chez les malades SLA dans les formes sporadiques ou familiales. « A » est un facteur protecteur des MN qui la secrète dans les états de stress comme appel au secours.
L’injection de ce produit in vivo à des modèles animaux a permis d’observer une facilitation des fonctions motrices et une prolongation significative de la durée de vie.
L’objet du travail de cette équipe - travail financé par la Fondation Thierry Latran dont la raison d’être est explicitement la recherche sur la SLA - est d’étudier le mode d’action de « A » sur les cellules cibles du tissu glial (astrocytes et cellules épithéliales) dont on connait l’importance pour un fonctionnement correct du MN.
La caractérisation des effets consécutifs à une sécrétion de « A »par les MN sur d’autres types de cellules, astrocytes en particulier, permettrait d’identifier les facteurs externes intervenant sur la survie in vivo des MN.

*pour information l’angiogénine est un stimulateur de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins

Recherche à visée corrective, voire protectrice

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A visée diagnostique

Recherche des marqueurs de la maladie. Ils peuvent être : génétiques, cliniques,radiologiques,biochimiques.

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A visée régénérative

La recherche en thérapie régénérative

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2012, François Pradat, centre SLA Paris a écrit....

(L'intégralité des propos peut être consultée sur la Fondation Thierry Latran)

Mode de propagation de la maladie.

Le premier territoire musculaire touché est variable d'un individu à l'autre et jusqu'alors les territoires successivement atteints dans le cadre de l'évolution de la maladie pouvaient sembler aléatoires.
Des travaux hollandais montrent qu'il ne s'agit sans doute pas d'un phénomène aléatoire mais que la propagation se fait en « tache d'huile » au sein du système nerveux.Le dépouillement de questionnaires concernant 600 patients - où on leur demandait de décrire l'évolution de leurs symptômes - et le résultat d'analyses grâce à une technique particulière d'imagerie cérébrale, confortent l'idée d'une extension locale avec propagation de proche en proche au sein de la moelle épinière.Si la maladie débute par une atteinte d'un seul membre , elle tendrait, dans son évolution, à s'étendre dans ce même membre pour atteindre par contiguïté la zone de la moelle épinière qui contrôle le membre opposé.

Ceci n'est pas en faveur d'une extension anarchique des anomalies du système nerveux rencontrées dans cette maladie.
Des voies nouvelles peuvent s'ouvrir s'il est démontré que la propagation se fait de proche en proche via la modification d'une protéine , en contaminant d'autres. Ce mécanisme a déjà été rencontré dans d'autres pathologies.

 

La moelle épinière est elle atrophiée chez les patients SLA ?

Un travail piloté par P.F.Pradat et H.Benali (INSERM) porte sur l'imagerie de la moelle épinière dans la SLA pour tenter de répondre aux 2 questions suivantes.

  • Est - il possible de détecter chez ces patients une modification du volume de la moelle épinière ?
  • Dans le cas d'une réponse positive cette modification est elle en lien avec les signes cliniques ?

*Quotidien de médecin 12/08/2012

« Une technique IRM particulière ( technique du tenseur de diffusion) déjà connue pour son application au niveau cérébral vient d'être adaptée à l'examen de la moelle épinière (ME)

Cette technique s'appuie sur un déplacement des molécules d'eau au sein des tissus .La diffusion se fait dans tous les sens et s'organise selon les obstacles rencontrés . Dans la ME ceux-ci sont les fibres nerveuses. Au fur et à mesure de l'évolution de la maladie ces fibres disparaissent . L'IRM du tenseur de diffusion permet d'enregistrer ces modifications en lien direct avec la pathologie.

F.Pradat et H.Bénali ont soumis 29 patients et 21 témoins à cette investigation.

Il en ressort clairement qu'une atrophie locale de la ME est associée aux déficits des muscles innervés par ce même territoire.

Pour comprendre :

La déficience, par exemple, du muscle deltoïde de l'épaule , important dans les mouvements du bras est corrélée à l'atrophie de la ME au niveau de la 5ème vertèbre, tout comme pour les muscles de la main l'atrophie de la ME sera repérée au niveau de la 8ème vertèbre.

De plus cette technique a révélé l'implication - jusqu'alors inconnue - des voies sensitives aux manifestations cliniquement indécelables, et d'apparition à un stade précoce de la maladie. »

En conclusion :

il s'avère qu'a été repérée une diminution de la moelle épinière chez ces patients.

Plus l'atrophie est importante, plus le déficit est marqué.

La force d'un muscle est proportionnelle au volume de la moelle épinière au niveau du site où sont situés les motoneurones qui commande ce même muscle.

Cette technique performante d'imagerie ouvre directement sur une aide au diagnostic, un suivi de la maladie, une évaluation plus rapide des nouveaux médicaments. -

Peut-on quantifier la perte des motoneurones ?

Un motoneurone (MN) avec son long prolongement ramifié est capable d'innerver plusieurs fibres musculaires .Cet ensemble -un MN et toutes les fibres musculaires qu'il innerve constitue l'unité motrice -

Une technique particulière dérivée de l'électromyogramme, que vous connaissez, permet de quantifier le nombre d'unités motrices dont le muscle se compose.

Conclusion :

L'étude répétée tous les 3 mois et portant sur 6 muscles a mis en évidence une perte décelable d'unités motrices dès le 6ème mois.

Une standardisation de la méthode au plan européen est en cours.

Facteur G-CSF

Le Granulocyte-Colony Stimuling Factor est utilisé en médecine pour stimuler la production de globules blancs à partir de cellules souches de la moelle osseuse.

Des récepteurs G-CSF ont été repéré à la surface des neurones.

Une étude allemande menée sur 20 patients SLA a montré une bonne tolérance du traitement.

Il s'agit d'une piste supplémentaire dans la recherche d'un effet neuroprotecteur.

 

Télémédecine

Une équipe allemande a développé via internet une plateforme sécurisée facilitant le suivi interactif des patients.

Une étude débutée en 2012 s'est intéressée à évaluer l'effet de l'exercice sur l'évolution de la maladie.

Une 2ème étude est ciblée sur les apports nutritionnels des patients.

Les patients ont à répondre à un questionnaire ciblé.

L'utilisation des tablettes tactiles peu, pendant un certain temps du moins, faciliter ces échanges.